C’est un remarquable témoignage de l’implantation gallo-romaine en Île-de-France qui se trouve Rue Monge, au cœur du quartier latin à Paris. Construites au Ier siècle de notre ère, les « Arènes de Lutèce » faisaient alors office « d’amphithéâtre à scène », offrants à la fois des représentations théâtrales et des combats de gladiateurs aux 17 000 spectateurs que pouvait accueillir le site, un des plus grands de toute la Gaule. Démonté à la fin du IIIe siècle, cet amphithéâtre circulaire fut reconstruit en 577 par le roi franc Chilpéric qui décida d’y donner des spectacles. Le temps passant, les Arènes tombèrent dans l’oubli et furent finalement ensevelies après la construction du mur de Philippe Auguste à la fin du XIIe siècle.

Finale de la coupe de France de basket-ball féminin – 23 avril 1939

Ce n’est qu’à partir de la fin des années 1860 et l’ouverture de la Rue Monge que les Arènes furent redécouvertes à la suite des fouilles de l’archéologue Théodore Vaquer, qui mit au jour la partie nord de l’amphithéâtre (1869). Les vestiges furent préservés grâce à l’action de la « Société des Amis des Arènes » et furent classés aux Monuments Historiques en 1883. Accessibles à tous depuis, les « Arènes de Lutèce » sont rapidement devenues, de par leur localisation en plein Paris ainsi que la place disponible , un lieu privilégié pour l’organisation de rencontres sportives en plein air, et notamment de rencontres de basket-ball. 

En effet, elles ont permis pendant de nombreuses années l’organisation de plusieurs rencontres, masculines et féminines, ayant marquées les premières années du basket-ball francilien. Elles ont par exemple accueilli certaines finales des Championnats de France au cours des années 1920, à une époque où le basket-ball français était encore sous la tutelle de la Fédération Française d’Athlétisme (ce qui fut le cas jusqu’en 1933, voir la page dédiée). De même, la finale de la Coupe de France féminine s’y tint en avril 1939. L’équipe de France masculine y disputa également plusieurs rencontres, notamment celle du 18 Avril 1927 contre l’Italie, perdue 22 à 18 aux prolongations, et ce malgré la présence de 4000 spectateurs. Les derniers matchs officiels joués dans les Arènes se situent au début des années 1950, avec notamment une opposition entre l’équipe de Paris, emmenée par Robert Monclar, et celle de Bruxelles.

Rencontre Paris-Bruxelles, où l’on voit Robert MONCLAR (balle en main) en action – 1951