Figure incontournable du basket français, Jacques MONCLAR marque notre discipline et continue d’en être un artisan. Joueur international et entraîneur champion de France, il est aujourd’hui un consultant médiatique reconnu. Héritier d’un nom prestigieux, il a surtout su s’en affranchir pour bâtir une carrière dense et respectée, avec un parcours conséquent au sein du basket Francilien. À l’occasion de la sortie de son livre Bonjour, bonsoir. Mes vies racontées à Rémi REVERCHON, la Commission Patrimoine a décidé de retracer son parcours.
Un héritage assumé
Fils de Robert MONCLAR, légende du basket français et ancien international, Jacques MONCLAR grandit très tôt au contact des parquets. Né en région parisienne, il suit son père à Lyon lorsque ce dernier y est muté pour son travail et qu’il évolue au Stade Auto Lyonnais.
Dès l’âge de cinq ans, il assiste aux matchs de son père, avant de découvrir l’ASVEL à sept ans, en accompagnant son frère à l’école de basket du club villeurbannais. Un épisode reste fondateur : invité à tirer des lancers francs à la mi-temps d’un match de l’ASVEL, le jeune Jacques réussit quatre tirs sur cinq, meilleur total de la soirée malgré son jeune âge. Le déclic est immédiat.
Formation francilienne et précocité
De retour en région parisienne, Jacques MONCLAR poursuit sa formation au Stade de l’Est Pavillonnais. Meneur de jeu dès les catégories de jeunes, il se distingue par son leadership et sa maturité. Surclassé, il participe au championnat d’Europe cadets tout en poursuivant ses études au lycée Albert-Schweitzer du Raincy.
En 1973, il rejoint le Racing Club de France, club emblématique et ancien club de son père. L’équipe est sacrée championne de France cadets en 1974. À seulement 17 ans, Jacques intègre l’équipe première du Racing, évoluant en première division. Il s’impose rapidement comme un meneur de jeu audacieux, capable de diriger le jeu face à des équipes déjà renforcées par des joueurs américains. Au cours de la saison 1975/1976, il poursuit sa formation au Bataillon de Joinville à l’INSEP dans le cadre de la préparation olympique. De 19 à 21 ans, il prépare un DEUG d’EPS avant de partir à l’ASVEL aux côtés de Gérard BOSC.
L’équipe de France comme fil conducteur
Après un passage plus compliqué au SCM Le Mans, Jacques MONCLAR franchit un cap majeur en 1978 : à 21 ans, il est sélectionné en équipe de France A. Aux côtés d’Hervé DUBUISSON, son ami « Dub », et autre prodige de sa génération, il incarne le renouveau du basket tricolore.
Avec 201 sélections et 1 001 points inscrits entre 1978 et 1988, Jacques s’inscrit durablement dans l’histoire de l’équipe de France. Il participe notamment aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, une expérience marquante mais douloureuse. Mal préparée et sous forte pression, la sélection française termine à la onzième place, subissant notamment une lourde défaite face aux États-Unis. Il dispute également les championnats du monde 1986 et quatre championnats d’Europe, avec une cinquième place en 1983 comme meilleur résultat.
L’ASVEL, Limoges et la consécration en club
Courtisé par plusieurs clubs de l’élite au début des années 1980, Jacques MONCLAR choisit naturellement l’ASVEL, club mythique et premier amour sportif. Rejoindre ce club lui permet également de jouer avec son idole de toujours, Alain GILLES. Il est écrit dans son livre « je passe l’année entière sans vouvoyer ou encore moins tutoyer une seule fois Alain GILLES. Je savais pas comment faire, alors j’évitais. […] C’était trop pour moi, trop dur. J’avais trop de respect pour lui. C’était mon idole ».
Champion de France en 1981, Jacques devient un élément clé de l’équipe des « Verts ». En 1985, son transfert au CSP Limoges marque un nouveau sommet : il y remporte un deuxième titre de champion de France. Il termine ensuite sa carrière de joueur à l’Olympique d’Antibes, tout en s’engageant pour la défense des joueurs en devenant, en 1988, le premier président du Syndicat national des basketteurs.
Une réussite immédiate comme entraîneur
Encore joueur, Jacques MONCLAR entame une carrière d’entraîneur avec le même sens de l’exigence. À la tête de l’Olympique d’Antibes, il s’appuie sur des joueurs expérimentés comme Lee JOHNSON et Robert SMITH et conduit rapidement le club vers les sommets. Dès sa deuxième saison, Antibes est sacré champion de France.
Reconnu pour sa capacité à gérer les temps forts et à faire confiance à ses cadres, Jacques n’hésite pas à prendre des risques mesurés, à l’image du recrutement de Michael RAY RICHARDSON en 1995, décisif lors de la finale remportée face à Limoges.
Sa carrière sur les bancs le mène ensuite à Pau-Orthez, au CSP Limoges, au Paris Basket Racing puis à Dijon, avec des fortunes diverses, mais toujours une identité claire : mélange de jeunes joueurs formés au club et d’éléments expérimentés.
Une voix de référence du basket français
Parallèlement à son parcours d’entraîneur, Jacques MONCLAR s’impose progressivement comme une figure médiatique majeure. Commentateur et consultant pour TF1, Eurosport, Canal+, RMC ou beIN Sports, il couvre les plus grandes compétitions internationales : Jeux olympiques, Euroligue et championnats d’Europe. Fasciné par la NBA, il en devient l’un des commentateurs majeur français.
Son duo avec David COZETTE est salué par la profession, récompensé à plusieurs reprises par la « Lucarne d’or ». Pédagogue, passionné et précis dans ses analyses, Jacques devient l’une des voix les plus identifiables du basket à la télévision française.
Le poids du nom et la volonté de transmission
Attaché à la ville de Lyon, grand supporter de l’Olympique lyonnais, Jacques MONCLAR n’a jamais renié l’héritage de son père, tout en cherchant à s’en détacher. Il reconnaît la difficulté d’avoir porté un nom aussi emblématique, mais souligne le soutien constant, bien que discret, de Robert MONCLAR.
Père de trois enfants, dont deux joueurs passés par le haut niveau, il veille à ne pas reproduire ce poids générationnel. Lorsque son fils Benjamin évolue à Dijon alors qu’il en est l’entraîneur, Jacques choisit délibérément de ne pas l’intégrer au groupe professionnel, afin de le préserver.
À travers ses multiples vies dans le basket, Jacques MONCLAR incarne une figure rare : celle d’un homme qui sait honorer un héritage tout en écrivant sa propre histoire.
Rédigé par Emma PLAUT
